C’est quoi, un joueur blessé ?

Dans le football, il y a les joueurs. Ceux qui prestent chaque dimanche. Ceux qui courent, qui tapent dans la balle. Plus ou moins bien. Mais il y a aussi les blessés, à court ou à long terme. Contraints de suivre tout ça du bord de la touche, la frustration dans l’âme. C’est quoi, un joueur blessé ?

De la douleur. Parce que oui, être blessé, en principe, ça fait mal.

Un premier conseil. Et c’est toujours le même, juste après l’action qui mène la blessure: « marche dessus ça va aller ». Et si c’est une fracture ouverte, je fais comment ?

De l’impatience. On n’a jamais autant envie d’être « fit » pour être sur un terrain de foot que lorsqu’on est blessé. Comme lorsqu’on est célibataire, on a encore plus envie de… Enfin vous voyez.

Des remarques. A moins d’être en béquille ou d’avoir un plâtre, on vous pose souvent la question: « Mais tu as quoi au juste ? On dirait que t’as rien ! ». Ben prend ma place, connard.

De l’expérience. A force de traîner chez le médecin, à l’hôpital, chez le kiné ou chez l’ostéopathe, tu te permets même de donner quelques conseils en la matière. « Si tu veux je veux bien essayer de te faire de l’acuponcture ! ». Ouais non, ça ira, merci.

Le temps long. Parce qu’être blessé, ça veut dire attendre. Attendre. Et attendre.

De la consolation. Afin de te remonter un peu le moral et pour relativiser, tu fais quelques compil’ de YouTube

Des découvertes. Cela ne t’avais jamais vraiment intéressé, mais désormais tu sais à quoi servent et où se trouvent tes tendons, tes ligaments ou tes adducteurs.

Des heureux. Tes concurrents, déjà. Ton coach et tes coéquipiers, parfois. Et ta femme, souvent.

Du calme. Avec tes ligaments croisés touchés ou ta double fracture tibia/péroné, tu as plus qu’envie de kicker ces petites natures qui pleurent après un match à cause d’un coup de crampon ou d’une contracture au mollet.

De l’imagination. Du bord du terrain, tu vois réellement le niveau de ton équipe et de tes équipiers. Et tu te dis que toi, à leur place tu ferais mieux que ça. Sauf que t’es en chaise roulante.

Des passes-temps. Privé de sport, tu en profites pour découvrir d’autres passions. La cuisine, la lecture, les balades, la famille. « Quand est-ce que je peux recommencer à courir déjà ? »

Des regroupements. Qui se ressemble s’assemble, dit-on. C’est pour cela que les blessés, en principe, passent beaucoup de temps avec les autres blessés. Ils parlent de leur quotidien, de leurs douleurs, de leur revalidation. Club select.

Des vannes. Et pendant que le groupe des blessés partagent leur expérience, les « valides » préparent leurs plus belles blagues: « Ha le club des éclopés ! – Comment ça va le F.C. Hôpital ? – Et, à vous trois, on peut en faire un bon ! MDR ».

De la rancœur. Forcément, tu en veux terriblement au joueur adverse qui t’a blessé. Par contre, si tu t’es fait ça tout seul, tu as forcément l’air plus con.

Une source de motivation. Vous l’avez tous, ce coach, qui vous a déjà demandé de « jouer pour Jérémy, qui lui ne peut être sur le terrain mais qui est avec vous, et qui est mort – euh pardon blessé – pour la patrie – euh pour l’équipe. OK les gars ? »

Des remarques. Pour ceux qui ne font pas partie de ton club, tu es un survivant. Et d’ailleurs, si tu suivais les conseils de tes grands-parents ou de tes collègues, tu aurais déjà arrêté ce « sport de barbares ».

Un nouvel équipement. Fini de préparer ton sac de foot en y mettant tes chaussettes, ton short et ton slip préféré. Désormais, c’est béquilles, atèles ou masque. Ironman pour toi.

Des rechutes. La moindre amélioration ressemble à une guérison. Et reprendre trop tôt signifie repartir de zéro. Donc molo polo.

Du temps à mettre à profit. En théorie, une blessure, c’est l’occasion de faire « autre chose », comme de la musculation ou du gainage. En pratique, c’est une montée en D3 à Fifa Ultimate Team.

Des conseils amicaux. Après une blessure, beaucoup d’amis ont des conseils à donner. « Je serais toi, j’irai faire de la mésothérapie… » Euh mec, t’es pas boulanger à la base ?

Cher. 30€ par ci. 55€ par là. Et bis repetita pendant des semaines. Sans oublier les 10€ de pommade en prime. Elle est bonne, votre mutualité ?

Des surprises. A force de ne pas y toucher, ton sac de football peut commencer à sentir mauvais. Attention à ne pas laisser tes vieilles chaussettes mouillées trop longtemps dans le fond…

Des styles différents. Il y a le blessé occasionnel. Le blessé récurrent. Le blessé spectaculaire. Et le faux-blessé. Tu es dans quelle catégorie, toi ?

Des comparaisons flatteuses. Une blessure, c’est finalement ce qui peut te rapprocher le plus de tes idoles. « Hé, n’empêche que j’ai eu la même chose que Ronaldo en 2014, et que Messi la saison dernière. La classe hein ? » Ça fait un point commun, bravo.

Faire attention. Ne pas pouvoir pratiquer de sport pendant un certain temps est dangereux pour ta condition physique et… ton poids. Hé ouais, il va pas s’éliminer tout seul le buffet chinois du samedi soir !

Faire attention bis. Et qui dit prise de poids dit FORCEMENT (vestiaire de foot oblige) des moqueries. « Tu rentres encore dans ton maillot ? Ha ha ha ».

De la jalousie. Tu n’as jamais autant dénigré et détesté les gens « aptes au service » et qui ne pratiquent pas de sport que durant ta convalescence. Les gros fainéants.

Des croyances. Quand on dit « tout faire pour se soigner », cela peut même aller jusqu’au cierge à l’église ou aux prière de Mamadou, guérisseur par télépathie. Il peut même réparer ton PC pour pas trop cher si besoin.

Un soutien moral. Les plus courageux des blessés viendront quand même voir leurs potes jouer et les encourager. Sinon, les gens normaux resteront au chaud à regarder la Premier League à la TV.

Apprendre à compter. A force d’avoir le temps lent, tu sais désormais parfaitement convertir les durées en mois/semaines/jours/heures. « Je suis out depuis 4 mois, ou 18 semaines, ou 120 jours, ou 2880 heures… » Pratique.

Des idoles. Pendant ces semaines/mois, tes joueurs favoris sont Nicolas Frutos, Vincent Kompany ou encore Yohan Gourcuff.

De la crainte. Une sale blessure qui arrive en fin de carrière fait forcément peur. You know what I mean

La reprise… Après des semaines/mois de galère, ça y est, tu as le feu vert de ton médecin pour reprendre le sport. Tu te sens…

…difficile. Mais le lendemain, tu te sens plutôt comme ça:

Un mauvais souvenir. Une fois terminée, ta blessure restera une crainte, une phobie et, on l’espère pour toi, un mauvais souvenir. Courage !

Pour la #TeamBlessés.

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3 réflexions sur “C’est quoi, un joueur blessé ?

  1. Salut, merci pour cet article. Il permet de voir à quel point une blessure peut affecter un joueur. Parfois, lorsque nous critiquons les footballeurs, nous ne réalisons pas les sacrifices qu’ils font et les efforts qu’ils fournissent.

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